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Centre Equestre Equitation

Hommage aux chevaux de club

Je voudrais aujourd’hui rendre hommage aux chevaux et poneys de club. Ces équidés sont souvent injustement méprisés, car ils n’ont pas de papiers, ils n’ont pas le chic des chevaux de race, ils ne sont pas forcément champions dans une catégorie… Et bien d’autres excuses que nous, moniteurs ou responsables de club entendons régulièrement, et qui nous attristent.

Mais n’oublions pas que les chevaux de club, c’est avant tout :

  • des chevaux qui permettent à plusieurs générations de cavaliers d’apprendre, et de progresser. Ils doivent donc être calmes, à l’écoute et s’adapter aux différents niveaux des cavaliers. Entre le cavalier débutant qui commence à apprendre avec des gestes peu précis et le cavalier qui a plus d’expérience mais qui demande des exercices plus compliqués pour le cheval et parfois avec peu de sensibilité (faire par exemple passer une épaule en dedans en force…) , il faut une sacré patience aux chevaux, et une profonde gentillesse.
  • des chevaux qui ne mordent pas et ne tapent pas, qui vont être respectueux de l’humain, malgré le nombre de cavalier qui passent sur leur dos et qui parfois leur demandent des choses contraires à une bonne éducation
  • des chevaux polyvalents, qui vont être capable d’être doux et peu réactifs pour les cavaliers les moins expérimentés, et à la fois plus sanguin, pour sauter ou dresser pour un niveau Galop 7. Les chevaux doivent également pouvoir dresser, sauter, crosser, aller en balade, quel que soit la taille ou l’expérience du cavalier.
  • des chevaux non peureux, pour ne pas réagir aux différentes situations qui se présentent à eux : un cavalier qui fait de grands gestes, un parent qui prend des photos avec le flash, des cavaliers qui crient, la musique lors des fêtes de club, des bâches qui volent en balade, les chiens, les enfants qui jouent dans leurs membres…
  • des chevaux câlins, car les cavaliers veulent pouvoir s’attacher à un cheval, donc il faut que les chevaux de club puissent être câlins avec de nombreux cavaliers le mercredi et samedi, et recevoir peu d’attention les autres jours…
  • des chevaux rustiques, qui supportent tout type de gabarit, qui mangent peu et qui ne tombent jamais malade
  • des chevaux sociables, qui doivent pouvoir côtoyer tous les autres chevaux en cours, et parfois contre toute logique de mode de vie du cheval, comme lors d’un carrousel avec les chevaux en botte à botte, ou qui doivent pouvoir travailler seul
  • des chevaux qui vont créer des liens avec certains cavaliers, qui les prendront par exemple en demi-pension pendant un ou deux ans, et puis le cavalier changera de cheval ou de club, et le cheval restera sans devoir perdre le moral….

 

Alors pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, à mon sens, les chevaux de club valent tout l’or du monde. Il est difficile de choisir un bon cheval de club, et encore plus difficile de le former pour qu’il convienne au plus grand nombre. Et surtout, il est encore plus difficile d’entendre des cavaliers dénigrer ces chevaux.

Heureusement, une nouvelle génération de cavaliers s’intéresse de plus en plus à l’animal en tant qu’individu, et non plus que comme un simple outil. Il est également de notre devoir en tant que responsable de centre, de prendre le temps d’aimer nos chevaux et surtout de transmettre cet amour aux cavaliers qui viennent chez nous. Ne pas accepter d’entendre un cavalier qui est en difficulté sur un exercice dire « oui mais c’est la faute du cheval », bannir les cravaches et les éperons, laisser nos chevaux dehors et travailler dans un respect mutuel avec les chevaux et les cavaliers. Qu’un cavalier qui a peur ou qui préfère ne pas monter mais faire du travail à pied ne soit pas raillé mais au contraire encouragé.

Il nous reste à tous encore du chemin à faire, mais le faire ensemble rend tout cela très intéressant. Comprenons ensemble la valeur de nos chevaux de club, et aimons-les comme les chevaux inestimables qu’ils sont et qu’ils méritent d’être.

 

Jessica Londe, Touraine Cheval